1 Pas de pauvreté

L’élimination com­plète de l’extrême pau­vre­té pour tous dans le monde entier d’ici à 2030 est un objec­tif cen­tral du Pro­gramme de déve­lop­pe­ment durable à l’horizon 2030.

L’extrême pau­vre­té, défi­nie comme le fait de sur­vivre avec moins de 2,15 dol­lars par per­sonne et par jour à la pari­té de pou­voir d’achat de 2017, a connu un recul remar­quable au cours des der­nières décen­nies. Cepen­dant, l’émergence de la COVID-19 a mar­qué un tour­nant, inver­sant ces pro­grès puisque le nombre de per­sonnes vivant dans l’extrême pau­vre­té a aug­men­té, pour la pre­mière fois depuis une géné­ra­tion, de près de 90 mil­lions par rap­port aux pré­vi­sions antérieures.

Même avant la pan­dé­mie, la dyna­mique de réduc­tion de la pau­vre­té était quelque peu para­ly­sée. D’ici à la fin de 2022, les pré­vi­sions actuelles sug­gèrent que 8,4 % de la popu­la­tion mon­diale, soit au moins 670 mil­lions de per­sonnes, pour­raient encore vivre dans l’extrême pau­vre­té. Dans les faits, ce revers a réduit à néant envi­ron trois années de pro­grès en matière de lutte contre la pauvreté.

Si les ten­dances actuelles se main­tiennent, on estime à 7 %, soit envi­ron 575 mil­lions de per­sonnes, la pro­por­tion de la popu­la­tion mon­diale qui pour­rait se retrou­ver tou­jours pié­gés dans les liens de l’extrême pau­vre­té d’ici à 2030, avec une concen­tra­tion impor­tante en Afrique subsaharienne.

Fait cho­quant, les niveaux de famine sont reve­nus à leur niveau de 2005. Fait tout aus­si pré­oc­cu­pant, on observe l’augmentation persistante.

Pour­quoi tant de pauvreté ?

La pau­vre­té qui revêt un carac­tère mul­ti­di­men­sion­nel a pour causes le chô­mage, l’exclusion sociale et la grande vul­né­ra­bi­li­té de cer­taines popu­la­tions face aux catas­trophes, aux mala­dies et à d’autres phé­no­mènes qui com­pro­mettent leur productivité.

Pour­quoi devrais-je me pré­oc­cu­per de la situa­tion éco­no­mique des autres ?

Si les rai­sons sont innom­brables, il n’en reste pas moins qu’en tant qu’êtres humains, notre bien-être est lié à celui des autres. L’inégalité gran­dis­sante est néfaste pour la crois­sance éco­no­mique et porte atteinte à la cohé­sion sociale, aug­men­tant les ten­sions poli­tiques et sociales et entraî­nant insta­bi­li­tés et conflits.

Pour­quoi la pro­tec­tion sociale est-elle si importante ?

Des sys­tèmes de pro­tec­tion sociale solides sont essen­tiels pour évi­ter que de nom­breuses per­sonnes ne bas­culent dans la pau­vre­té et pour en atté­nuer les effets. La pan­dé­mie de COVID-19 a eu des consé­quences éco­no­miques à court et à long terme pour les popu­la­tions du monde entier. Mal­gré l’expansion de la pro­tec­tion sociale pen­dant la crise de la COVID-19, 55 % de la popu­la­tion mon­diale, soit envi­ron 4 mil­liards de per­sonnes, sont tota­le­ment dépour­vues de protection.

En réponse à la crise du coût de la vie, 105 pays et ter­ri­toires ont annon­cé près de 350 mesures de pro­tec­tion sociale entre février 2022 et février 2023. Or, 80 % d’entre elles étaient à court terme et, pour atteindre les objec­tifs, les pays devront mettre en place des sys­tèmes de pro­tec­tion sociale uni­ver­sels et durables pour tous, adap­tés au contexte national.

Que puis-je faire ?

Votre par­ti­ci­pa­tion active à l’élaboration des poli­tiques peut faire la dif­fé­rence dans la lutte contre la pau­vre­té. Elle per­met de garan­tir que vos droits sont pro­mus et que votre voix est enten­due, que les connais­sances géné­ra­tion­nelles sont par­ta­gées et l’innovation et la pen­sée cri­tique sont encou­ra­gées à tous les âges afin de sou­te­nir les chan­ge­ments trans­for­ma­tion­nels dans la vie des gens et dans la collectivité.

Les pou­voirs publics peuvent contri­buer à créer un envi­ron­ne­ment pro­pice à la créa­tion d’emplois pro­duc­tifs et de pos­si­bi­li­tés d’emploi pour les pauvres et les per­sonnes marginalisées.

Le sec­teur pri­vé a un rôle majeur à jouer pour déter­mi­ner si la crois­sance qu’il crée est sans exclu­sive et contri­bue à la réduc­tion de la pau­vre­té. Il peut favo­ri­ser l’ouverture de pers­pec­tives éco­no­miques pour les pauvres.

La science a appor­té une pré­cieuse contri­bu­tion à l’élimination com­plète de la pau­vre­té. Par exemple, elle a per­mis l’accès à l’eau potable, réduit le nombre de décès dus aux mala­dies d’origine hydrique et amé­lio­ré l’hygiène afin de réduire les risques sani­taires liés à l’eau non potable et à l’absence d’assainissement.

https://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/poverty/